Sur la piste du Marsupilami

Rofraitryat

e_ee_ee_ve_v e_v L’avis de Rofraitryat

 

Alain Chabat est de retour. Alors oui j’avais bien envie d’aller voir ce que ça donne, non pas que la bande d’annonce m’ai transcendé, mais plutôt en souvenir du bon temps. En souvenir d’Astérix mission Cléopâtre vu des dizaines de fois et dont chaque nouveau visionnage apporte son lot de découvertes, son niveau de lecture supplémentaire. En souvenir aussi de RRRrrrrh, dont l’ampleur  de l’échec au cinéma est comparable à l’ampleur du potentiel du film. Du second degré (voir même du 3ème degré) à revendre, des répliques légendaires, du grand n’importe quoi comme Alain Chabat maitrise la recette. Ces deux films sont cultes, « Sur la Piste du Marsupilami » ne l’est pas.

 

Alain Chabat s’empare donc encore d’un personnage de bande dessinée, mainte fois adapté en dessin animé, pour en faire une comédie, en chaire et en os, au cinéma (jusque là, pas trop de risque, ça a fonctionné du tonnerre il y a quelques années !).

Il reprend les mêmes, Jamel Debbouzze, lui même, Fred (bon sa scène avait été coupé dans Mission Cléopatre, il devait surement lui être redevable !). Il rajoute quelques nouveaux, Géraldine Nakache, Lambert Wilson, Patrick Timsit…

En comparant un peu les films, c’est fou comme l’affiche des deux est similaire…

Bref, on l’a compris, et contrairement à ce qu’il avait fait avec Rrrrrrh, Chabat ne veut pas se mouiller,  ni prendre des risques, mais refaire gagner la même équipe. Petit oubli tout de même, c’est plus difficile de faire rire deux fois avec exactement les mêmes gags… Certains me diront, « Non mais tout ça c’est des références à Mission Cléopâtre, inculte ! », oui mais à ce moment là, fallait faire Mission Cléopâtre 2, ça aurait été plus clair.

Alain Chabat peine à s’approprier l’histoire, il reprend ce qui a été fait dans les dessins animés mais a du mal à imposer sa patte, pourtant si souvent géniale. Bien sur, il y a des moments drôles, quelqu’un seulement pour moi, beaucoup beaucoup selon la rangée derrière moi. Il y a véritablement un seul gros délire, qui m’a fait beaucoup rire et qui fonctionne parfaitement tant il détonne avec le reste du film et de l’histoire, merci Céline. Et puis aussi quelques bonnes trouvailles comme ce mini film d’animation paya.

Mais entre ces quelques délires (quand même !), pas grand chose nous retient en Palombie, on trouve vite le temps long en attendant les répliques qui claquent dont on a l’habitude. Quelques tentatives tombent à l’eau, le scénario n’ayant pas la qualité extraordinaire dont on avait l’habitude, regorgeant de petites pépites, faisant rire autant l’enfant de 4 ans que le mec de 40.

 

Bref, on sort plutôt amusé car le générique final laisse sur une bonne note, mais vite, la déception nous hante, aucune réplique à ressortir à tes potes, aucune envie d’aller le revoir pour trouver encore un nouvel axe de lecture, un jeu de mot oublié ou juste une envie de s’écrouler de rire… La quête du rire et du renouvellement semble plus difficile que celle du Marsupilami, dommage.

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Chronicle

Rofraitryat

e_ee_ee_ee_v e_v L’avis de Rofraitryat

On ne change pas une équipe qui gagne.
Voilà ce qu’a du se dire le scénariste de Chronicle avant de faire le film. On a une recette qui marche, depuis des années et des années, sur tous les supports, BD, mangas, livres, films, tout le monde y a déjà goutté, aux quatre coins de la planète et beaucoup ont aimé, pourquoi je m’en priverais ? Oui, c’est l’histoire d’une bande d’ado qui développe des supers pouvoirs, notamment la psychokinésie, après être entré en contact avec une sorte de grosse pierre magique translucide qui change de couleur.

A partir de là, il va falloir trouver des concepts un peu novateurs pour mériter les petites étoiles qui sont au dessus. Le premier est la manière de filmer. Tout le long du métrage, l’image est issue d’une caméra qui fait vraiment partie de l’environnement dans lequel évolue les personnages. Que se soit un des ados de la bande qui ne se déplace jamais sans sa caméra pour filmer toute sa vie, ou bien des caméras de surveillance; toutes les images sont prises de l’intérieur et permettent de rentrer littéralement dans leur monde et non pas de contempler simplement de loin ce qui se passe. L’immersion est d’autant plus réussie, que les réalisateurs ont vraiment cherché à montrer tout ce qu’une bande de potes, juste majeure pouvait faire quand ils découvrent qu’ils peuvent déplacer des objets par la pensée. Non, ils ne vont pas sauver la planète (ou la détruire) tout de suite, mais on va d’abord s’amuser à faire des blagues, draguer les filles, faire des spectacles hallucinants mais pas trop pour ne pas tout dévoiler… Et ça fonctionne ! On est avec eux, dans les couloirs de l’université, se demandant ce qu’on va bien pouvoir réaliser de génial et qu’on a toujours rêver de faire sans succès…

Bon, bien sur, vous vous en serait douté , y’en a toujours un pour aller un peu trop loin avec ses pouvoirs et provoquer des catastrophes en séries… On retombe vraiment dans le schéma classique avec des images de lutte dans les airs, la nuit à Seattle, tous les projecteurs des hélicos braqué dessus… Du coup, le film perd un peu de sa saveur et on un peu déçu en sortant qu’il se soit laissé aller à la facilité alors qu’il aurait du garder quelques concepts originaux pour la fin…

Le film est efficace, plaisant à regarder, mais sa fin trop conventionnelle nous le fera vite oublier.

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La Taupe

Mysterarts

e_ee_ee_ee_v e_v L’avis de Mysterarts

Tomas Alfredson nous avait proposé un étrange mais très réussi Morse, dont l’atmosphère dérangeante collée parfaitement à son enfant vampire. Mais forcé de constater que son style fonctionne beaucoup moins avec un scénario de film d’espionnage.

Portant, il pose dès le début un décor qui aurait pu fonctionner. On découvre le Cirque, siège des renseignements britanniques en pleine guerre froide. L’ambiance y est poussiéreuse, étouffante. Au sein du bunker qu’on dirait tapissé à la mode des années 70, les hauts dirigeants décident d’évincer leur boss « Control » (John Hurt) et son bras droit « Smiley » (Gary Oldman). La scène de leur départ est scotchante, d’un calme et d’une retenue glacials.

Parmi ceux qui se sont précipités pour les remplacer à la tête du Cirque, il y a une taupe qui renseigne les soviétiques. Smiley est engagé par le gouvernement pour la percer à jour. L’intrigue est en place, notre boulot en tant que spectateur est fixé : il nous faut découvrir qui elle est avant la révélation finale. On se redresse sur les accoudoirs et on place notre concentration sur ces personnages aux gueules toutes plus suspectes les unes que les autres. Et c’est parti pour deux heures !

Je n’ai pas lu le livre de John Le Carré dont est tiré le scénario. J’imagine que ça peut aider. Car l’enchainement des scènes n’est pas fait pour aider le spectateur. Les flash-back vont dans tous les sens, et il faut sans cesse faire travailler son cerveau exténué par un rythme au ralenti qui en devient pesant. Certes, le décor est minutieusement reconstitué et on se perd facilement à observer les détails et les acteurs qui jouent très finement, rien à redire de ce côté là.

Les films tarabiscotés qui perdent le spectateur, qui le maintiennent sans cesse dans le doute pour mettre en valeur une conclusion fracassante, j’adore. Mais là… La phrase qui vient en sortant de la salle ressemble plutôt à : « Tout ça pour ça ? ». Alfredson a de nombreux atouts pour lui et saura certainement les utiliser plus pertinemment dans un prochain film. En attendant, il n’y a pas que le Cirque qui s’est senti trahi par la Taupe.

 

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La mer à boire

Rofraitryat

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Tout avait pourtant bien commencé,
Dès le début on est plongé dans cette entreprise. Ce patron paternaliste, à la fois proche des ouvriers et pourtant bien loin dans le train de vie. Un monde les séparent mais le travail, la confiance les rassemblent. Cette relation fusionnelle avec son entreprise, ses employés et cette bienveillance est vraiment bien décrite. C’est d’ailleurs, La réussite du film, l’unique, certes.
Daniel Auteuil est bon, il tient parfaitement le rôle, le costard, les poignées de main, l’amour du métier.
La crise sociale qui éclate au sein de l’entreprise est bien traitée. Cette vie dans l’entreprise, les désaccords, les injustices, les incompréhensions, l’occupation, tout ça est traité avec détails, sans caricature. On découvre de vraies personnalités, qui sonnent juste, endurcies par leur vie. Se dégagent des seconds rôles intéressants, bien interprétés.
Mais alors que cette vie d’entreprise est filmé avec brio, le film se perd rapidement lorsqu’il parle d’autre chose. Les représentants du monde la finance (banquiers véreux et riches actionnaires) sont dépeins de manière très caricaturale, sans aucune finesse. Le réalisateur les méprisent (je le comprend) et du coup ne prend pas le temps de les étudier sur le fond, de nuancer comme il faudrait. Toute la justesse qu’on avait trouvé dans l’entreprise, dans ces relations, ces Hommes, cette femme, parfois incompris ; tout cette qualité ne se retrouve plus dans le traitement de l’autre monde. On passe vite, on grossi les traits quite à tomber dans l’excès. C’est vraiment dommage, et ça va s’empirer.

D’un coup, alors que tout avait presque bien commencé, c’est l’effondrement. On se retrouve à Moscou, la qualité de l’image est désastreuse, la mise en scène inexistante. On ne comprend pas pourquoi, mais tout se déconstruit. Alors que le début était juste, humain, saisissant, on tombe dans un mélo-drame surjoué, aux dialogues superficiels, sans finesses, aux scènes prévisibles classiques et sans aucun intérêt. Vraiment, c’est tellement mauvais que ça en devient triste. La scène de la patinoire ou de l’aéroport (je vous raconte même pas ce qui s’y passe tellement c’est banal) et digne d’un mauvais téléfilm de France 3 un soir de semaine. Le charme est parti, on se retrouve con devant un œuvre vidé de sens.
Après quelques tentatives de retrouver une histoire, une mise en scène à peu près convenable, la fin du film nous refait tomber dans les ténèbres du pathétique. C’était manichéen sur les bords dès le début dans la relation avec le monde de la finance, ça finit ridicule, faux, presque gore.

On en ressort secoué, autant par la scène finale que par l’inexplicable dégringolade du film.

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A Dangerous Method

Rofraitryat

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A Dangerous Method, veut bien faire, il veut nous plonger dans le monde nouveau (à l’époque) et plutôt déconcertant de la psychanalyse. David Cronenberg, aaah David, la cafetière et les escaliers de History of Violence resteront toujours gravés en moi… Quelle bonne idée de venir titiller se pant encore mystérieux de la science et de l’Homme, on l’effleure plus ou moins tous dans une salle de classe de philo, on s’intéresse plus ou moins à Freud, ses expériences, sa révolution. Il y’a tout pour faire un bon scénario, des malades mentaux, un hôpital psychiatrique, une nouvelle méthode de soin… Et en prime cela pourra nous faire réviser nos classiques, (re)découvrir Carl Jung, et les avancées en la matière de l’époque.

Pour nous faire voyager dans le temps et dans nos pensées tu as fait appel à Michaël Fassbender. Ce dernier semble avoir plus de succès dans le film Shame et dans ses critiques qu’affublé de sa moustache dans notre cas. Bref, je n’ai pas grand chose à lui reprocher (même la moustache revient à la mode !). Pour la cobaye, l’internée psychiatrique, nous voilà en compagnie Keira Knightley. Mais là, ça ne fonctionne pas. J’ai essayé d’y croire pourtant, et on sent qu’elle essaye d’y croire aussi (sacré contraction musculaire), mais les crises de folies sonnent faux à mon gout. La simple déformation d’un visage parfaitement maquillée, sans aucune imperfections n’a pas suffit à me convaincre…

Tout comme le visage de Keira, le film souffre du « syndrome du discours d’un roi ». Je m’explique ; à vouloir trop bien faire, à vouloir faire beau bien reconstitué, à vouloir provoquer une performance d’acteur pour choper des Oscars, à vouloir nous tirer les larmes des yeux en nous suppliant de croire à ce que l’on voit, à tout rendre rond et réaliste alors que ça ne l’est pas, à tout vouloir contrôler et maitriser, on finit par devenir lisse. Et ce film en souffre un peu, tout semble aseptisé.

Du coup, on sort pas convaincu, pas transporté, en ayant appris quelques petites choses historico-psychologique, mais bien loin de ce que l’on pouvait attendre d’une immersion dans la méthode Freudienne.

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The Lady

Rofraitryat

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Luc Besson qui réalise un film sur Aung San Suu Kyi, on se dit ça va être un peu comme Dany Boon qui fait un docu sur le Dalaï Lama, on sent que ça va être lourd et pompeux, bien loin de la nature même du personnage… Et bah on ne se trompe pas.

Dès le début, et comme tout bon Besson qui se respecte il ne doit pas abandonner ses bonnes vieilles recettes. Là, pas facile de faire déraper une grosse BMW noire, du coup on va utiliser les jeep des militaires pour faire pareil, pas con le mec ! Et puis un chinois super venèr qui tire partout et qui te regarde avec un regard de tueur ça aussi ça claque ! Ah oui, il faut le faire chialer le public aussi ; tiens un piano, tiens la photo de mon père martyr, mixons vite les deux pour essayer de faire quelque chose d’émouvant ! Luc Besson pleure à la fin à chaque fois qu’il le voit selon ses dires ; dommage, pas moi.

Luc Besson aurait tourné les repérages du film avec une chemise à fleur et un gros appareil photo pour se faire passer pour un touriste; mais serait-ce devenu un vrai grand reporteur, prêt à braver la junte pour tourner un reportage intime ? Oui (ça c’est pour la promo), bon après faut pas déconner non plus, faut tourner les scènes avec 5000 figurants sans être trop gêné par les petits rigolos toujours au pouvoir…

Non mais sinon, la bonne idée c’est d’avoir pris une histoire réelle, toujours actuelle, universellement respectable et respectée. Une femme, une démocratie, du courage, de l’audace, une lutte, un prix Nobel de la Paix… Impossible de critiquer le sujet, ou même la belle volonté de mettre en avant une opposante qu’il ne fait pas volonté. Mais le film colle-t-il à la pudeur de cette femme qui n’a jamais voulu se mettre en avant ni même prendre le pouvoir personnellement ?
Le film est un peu trop grand spectacle. Manque d’intimité, on n’y croit plus trop. Manque de retenue, de pudeur peut-être.

Oui j’ai mis un peu de mauvaise foi dans cette critique parce qu’on passe pas un mauvais moment et l’intention est vraiment louable. Les décors sont beaux, c’est sûr, (manquerait plus que ça soit moche et mal fait !). Mais j’m'en fous, j’ai l’intime conviction que la dimension du film ne convient pas.
Tu en fais trop Luc, beaucoup trop.

Sinon, un petit web-documentaire, passionnant, ludique, marrant, sur la terrible et folle dictature de Birmanie, c’est ici :
http://www.lemonde.fr/week-end/visuel/2011/06/17/birmanie-la-dictature-de-l-absurde_1537284_1477893.html

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Time Out

Time Out Film

Mysterarts

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Mysterarts

Comme par le passé, avec les scénarios du Truman Show et de Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol base son film sur une excellente idée de départ, puisée dans l’univers passionnant de l’anticipation. Dans Time Out, le monde n’est pas très différent du nôtre, si ce n’est que le temps a remplacé l’argent. Génétiquement, les gens ne vieillissent plus à partir de 25 ans : une fois cet âge atteint, il ne leur reste plus qu’une année à vivre. Heureusement, les salaires sont reversés en temps de vie, tandis que les achats sont effectués en donnant de son temps. À la fois porte-monnaie et compte à rebours avant la mort programmée, un compteur affiche en temps réel sur l’avant bras de tous, ce qu’il leur reste à dépenser.

Une idée forte donc, présentée avec brio dans les premières minutes du film. On entre tout de suite dans cet univers et on comprend rapidement toutes les conséquences qu’un tel système entraînent. Ainsi, la mère du héros de 28 ans, vit depuis 50 ans, mais tous deux ont l’air d’en avoir 25. D’ailleurs, à part les plus jeunes, tout le monde a 25 ans ! De quoi redistribuer les cartes des archétypes de personnages…

Mais quel que soit l’unité monétaire choisie par l’homme, il se débrouille toujours pour creuser les écarts et entretenir quelques nantis au dépend de la masse. La ville est maintenant séparée en zones : New Greenwich pour les très riches dont les compteurs affichent des centaines d’années de vie et la promesse d’une vie éternelle, et les ghettos où les habitants n’ont jamais plus d’une journée sur eux, les obligeant à trouver sans cesse des petits boulots pour survivre ou se retrouver contraint à voler ou mendier. Il n’est pas rare de tomber sur un cadavre au coin d’une rue, mort ruiné.

Will Salas fait bien entendu parti de cette seconde catégorie. Et le destin ne va pas le ménager : accusé à tord d’un meurtre, il va se retrouver embarqué dans une histoire impliquant voyous du ghetto, richissime patron et sa fille paumée ou encore gardiens du temps (la police). Devenu véritable Robin des bois des temps modernes (et précieux), il va chercher à faire bouger le système bien établi.

Hélas, les nombreuses pensées philosophiques que cet excellent pitch de départ auraient pu amener ne sont qu’effleurées. Le film ne va pas assez loin, se contentant une fois le décor posé, d’enchaîner les scènes un peu trop classiques du thriller ou du film d’action. La vision très manichéenne de ce monde y est pour quelque chose et on regrette qu’il ne nous offre pas un peu plus de réflexion.

Néanmoins, le film s’avère efficace. Le casting, forcément très jeune, est plutôt énergique. Pas de performance exceptionnelle mais les acteurs sont crédibles, même le petit nouveau : Justin Timberlake qui assure dans le premier rôle. On notera les costumes de Colleen Atwood, costumière de Tim Burton et les décors tout en subtilité, mélange rétro-moderne réussi de Roger Deakins, directeur photo des frères Coen. Au final, j’ai adoré plonger dans cette vision d’un futur proche et je ne me suis pas ennuyé dans le scénario plutôt haletant qui y prend place. Et tant pis pour les réflexions philosophiques, j’ai la chance d’avoir tout le temps devant moi pour y penser après !

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Après le Sud

Typicmint

e_ee_ee_ee_de_v L’avis de Typicmint

Un vieil homme nettoie une arme en écoutant Mozart. Une femme corpulente cherche la fraîcheur entre une sieste et une douche avant de s’affairer et sortir. Sa fille se prépare également, caissière d’une grande surface. On découvre ainsi en une succession de plans séquences précis un univers oppressant où se révèlent les handicaps – la précarité, l’obésité, l’âge – pour mieux durcir la vie – l’humiliation. Ce film inspiré d’un fait divers entremêle les histoires de chacun et procure au compte-goutte les clés du dénouement sous une chaleur accablante, une lumière blanche qui dénude chacun face à l’autre. Tout est alors inéluctable et tout tend vers la tragédie, un seul lieu, un seul temps.

Présent aux 16ème rencontres de Villefranche/s après Cannes (tout de même), Jean Jacques Jauffret saute le pas vers la réalisation avec cette première fiction tendue. Il tourne dans la région de Brignoles, celle de son enfance, avec une lumière intense et les couleurs de bauxite de Fos sur mer, un bel ocre dont on aimerait que tout le film en soit teinté. A la fois construit sur un mode autobiographique et allégorique, ce film nous montre les corps dans leur beauté, leur plastique et leur tension interne, dans un univers épuré de la présence des autres et loin de tout. Et tout cela fonctionne : la route est aussi improbable que le parking vide du supermarché mais l’histoire s’en nourrit et amplifie la sensation d’isolement des protagonistes. Il est évident que l’on est dans le Sud de Giono, aride, scarificateur, écrasant, celui que le réalisateur revendique.

Pour ce long métrage à petit budget, le casting reste remarquable : Adèle Haenel et son regard buté, la performance d’Yves Ruellan en vieux mélomane. Sans oublier Ulysse Grosjean, beau et remarquable de fragilité, et Sylvie Lachat en prise vitale et anxiogène avec l’addiction aux cornes de gazelle. Et pour chacune de leurs scènes, la direction d’acteurs se nourrit de toute évidence de l’expérience de Jean Jaques Jauffret et l’on s’en félicite. C’est un premier film exigent et réussi qui nous est livré, une belle rencontre d’un film et de son auteur.

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L’art d’aimer

L'art d'aimer

Mysterarts

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Typicmint

Ceci est le premier avis de Typicmint, nouveau rédacteur des FLDP !

Il y a toujours une première fois. Celle où l’on tombe amoureux d’abord et où l’on embrasse après, celle où l’on tombe assis sur un siège à bascule avant d’embrasser un film d’Emmanuel Mouret, le premier pour ma partie. C’est à cette première projection, une vraie avant-première, que les premières notes de musique, légères comme un premier amour, donnaient le ton de ce qui devrait enchanter chacun devant un tel événement : tomber amoureux et entendre la petite musique intime, la nôtre. L’idée est simple, originale, un premier enchantement, et nous présente l’art d’aimer comme une peinture vivante avec ses multiples scénarios du thème universel : aimer. Pas de psychologie, pas d’analyse de premier niveau, non, juste les choses telles qu’elles sont. Nous allons donc suivre la première vague délicate de la marée que chacun va découvrir à sa façon. D’un quinquagénaire surpris de l’irruption dans son appartement d’une jeune fille gauche en dessous rouge – Frédérique Bel – qui de chaque mot de François Cluzet prend le contre pied pour mieux repousser chaque avance et le laisser s’empêtrer dans ses réponses bancales, on navigue entre chacune de leurs entrevues à travers des couples qui entendent la musique au dehors, aux liens qui se distendent, qui échappent de peu au pire, quand la musique change de ton avant de reprendre le ton majeur, avant l’adultère ravageur consenti, quand chacun cherche la vérité de l’autre au moment de se brosser les dents et que l’ultime spectacle de sa lâcheté ravive le désir amoureux, celui du premier élan. Pour d’autres, c’est le courage de prendre le risque de tout perdre qui ravivera la flamme. Et c’est beau.

Ce que nous dit aussi Emmanuel Mouret, c’est que la première fois, c’est aussi s’embrasser d’abord puis tomber amoureux bien plus tard. Et là, on se délecte du jeu à trois de Julie Depardieu, Laurent Stocker, Judith Godrèche, un jeu en aveugle dans une chambre d’hôtel d’un couple, de la  première à la dernière rencontre cruciale. C’est un jeu de lumière où le noir est aussi une couleur, c’est un jeu où la mise en scène excelle avec des acteurs d’une justesse millimétrée et des dialogues ciselés. Même les blancs sont remarquables.

On en attendait pas moins d’Emmanuel Mouret avec un tel titre, l’art d’aimer n’est pas une leçon de choses mais bien une palette de couleurs. Et son art est de nous montrer la coloration du ré-amour sans désamour à toute étape possible de la vie. En cela, on est proche du « peindre ou faire l’amour » des frères Larrieu où tout doit un jour se ré-apprendre sans désapprendre, que l’âge n’a rien à voir là-dedans (baste, je me rapproche du quinqua, je soigne ma droite !), que tout est délicatesse. Mais Mouret garde en plus la touche légère qui est la sienne, optimiste sans jamais être désabusé. Et hormis les trois premières minutes passées avec un musicien qui va mourir sans connaître le petit air de l’amour si ce n’est quelques notes, les quatre vingt minutes restantes nous ravissent, et nous sommes avec eux, les personnages, on les aime, on les pousse à avancer, à s’aimer. On en redemande.

Et que ça chante chaque jour dans vos oreilles.
Sortie nationale le 23 novembre 2011.

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Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne


Mysterarts

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Mysterarts

Lorsque j’ai vu pour la première fois la bande annonce de ce Tintin, mon désir de voir le film était loin d’être certain, perturbé par la technique affichée du film et un étrange malaise. Dépassant mes peurs, et au prix (toujours trop cher) d’une séance de ciné 3D, je suis allé affronter la bête. Et c’est en effet un étrange hybride que Spielberg nous propose…

Hybride sur bien des points. Technologique d’abord, la limite entre acteurs et virtuel n’a jamais été aussi floue. Pour moi, la parfaite application de la théorie de la « Vallée dérangeante » (un phénomène passionnant) grâce ou à cause de la Performance Capture (les acteurs sont captés en train de jouer puis retravaillés intégralement par ordinateur). Ce qui ne m’avait aucunement choqué dans Avatar, transposé dans notre monde quotidien et non plus sur une planète lointaine, provoque une étrange sensation (le cerveau aime ranger les choses dans des cases bien définies). Mais on finit bien sûr par s’habituer et pouvoir profiter de l’apport de cette technique.

Car qui dit « tout virtuel », dit « toutes les libertés ». Avec l’ajout de la 3D, cela permet de faire des décors fouillés, remplis de détails où poser les yeux tout en ayant le regard dirigé sur l’action. Et puisque les acteurs sont captés sur tous les angles, le réalisateur peut balader sans contrainte sa caméra dans la scène, et il ne s’en prive pas. On retiendra ce très impressionnant plan séquence de plus de 5 minutes à couper le souffle, mélange de courses poursuite, d’acrobaties (personnages et caméras), de destructions et de gags !

Hybride aussi par son scénario, entre le film d’action blockbuster (et sa fumeuse manie de mettre trop d’explosions, de casses sans laisser reprendre son souffle) et une bande-dessinée d’aventure qu’est Tintin. Le résultat est un peu étrange là encore : certains passages tirés de l’original, seraient ridicules dans un film classique, et à l’inverse, certains passages ne reflètent pas le style d’Hergé (un combat de grues ?). Il faut donc le voir avec une bonne ouverture d’esprit pour en profiter pleinement sans être choqué par un héros qui s’écrit soudainement « Sapristi » alors qu’il se fait canarder.

Le scénario est lui aussi un vaste mélange : entre plusieurs tomes de la bandes dessinées (surtout 3, mais aussi pleins de clins d’œils dissimulés ça et là, très plaisants à dénicher !), mais aussi d’auto-références à ses films. Le résultat est plutôt efficace. Les enchaînements sont aussi « faciles » que dans une histoire de 62 pages, mais permettent une diversité de décors et de situations qui fait briller la rétine !

Et la question de la langue du film ? Pour une fois, la VO ne s’impose pas d’elle-même, car après tout l’original parle français, et c’est avec émotion que l’on retrouvera le ton et surtout les expressions des personnages. Ainsi, le tonnerre de Brest restera à Brest.

Décidément un bien étrange film que ce dernier Spielberg. Certains y verront un capharnaüm sans nom et sans forme, mal dosé et malheureux, d’autres y verront l’occasion de retrouver un héros de leur enfance, version survoltée mais néanmoins très fidèle à l’œuvre d’Hergé, de mon point de vue. Un film divertissant qui tient en haleine tout du long, une plongée dans les aventures que l’on a lues et relues, bref une mixture à l’apparence étrange mais au goût sucré. « Je dirais même plus« , étrange et sucré.

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