A Dangerous Method

Rofraitryat

e_ee_ee_de_v e_v L’avis de Rofraitryat

A Dangerous Method, veut bien faire, il veut nous plonger dans le monde nouveau (à l’époque) et plutôt déconcertant de la psychanalyse. David Cronenberg, aaah David, la cafetière et les escaliers de History of Violence resteront toujours gravés en moi… Quelle bonne idée de venir titiller se pant encore mystérieux de la science et de l’Homme, on l’effleure plus ou moins tous dans une salle de classe de philo, on s’intéresse plus ou moins à Freud, ses expériences, sa révolution. Il y’a tout pour faire un bon scénario, des malades mentaux, un hôpital psychiatrique, une nouvelle méthode de soin… Et en prime cela pourra nous faire réviser nos classiques, (re)découvrir Carl Jung, et les avancées en la matière de l’époque.

Pour nous faire voyager dans le temps et dans nos pensées tu as fait appel à Michaël Fassbender. Ce dernier semble avoir plus de succès dans le film Shame et dans ses critiques qu’affublé de sa moustache dans notre cas. Bref, je n’ai pas grand chose à lui reprocher (même la moustache revient à la mode !). Pour la cobaye, l’internée psychiatrique, nous voilà en compagnie Keira Knightley. Mais là, ça ne fonctionne pas. J’ai essayé d’y croire pourtant, et on sent qu’elle essaye d’y croire aussi (sacré contraction musculaire), mais les crises de folies sonnent faux à mon gout. La simple déformation d’un visage parfaitement maquillée, sans aucune imperfections n’a pas suffit à me convaincre…

Tout comme le visage de Keira, le film souffre du « syndrome du discours d’un roi ». Je m’explique ; à vouloir trop bien faire, à vouloir faire beau bien reconstitué, à vouloir provoquer une performance d’acteur pour choper des Oscars, à vouloir nous tirer les larmes des yeux en nous suppliant de croire à ce que l’on voit, à tout rendre rond et réaliste alors que ça ne l’est pas, à tout vouloir contrôler et maitriser, on finit par devenir lisse. Et ce film en souffre un peu, tout semble aseptisé.

Du coup, on sort pas convaincu, pas transporté, en ayant appris quelques petites choses historico-psychologique, mais bien loin de ce que l’on pouvait attendre d’une immersion dans la méthode Freudienne.

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The Lady

Rofraitryat

e_ee_ee_ve_v e_v L’avis de Rofraitryat

Luc Besson qui réalise un film sur Aung San Suu Kyi, on se dit ça va être un peu comme Dany Boon qui fait un docu sur le Dalaï Lama, on sent que ça va être lourd et pompeux, bien loin de la nature même du personnage… Et bah on ne se trompe pas.

Dès le début, et comme tout bon Besson qui se respecte il ne doit pas abandonner ses bonnes vieilles recettes. Là, pas facile de faire déraper une grosse BMW noire, du coup on va utiliser les jeep des militaires pour faire pareil, pas con le mec ! Et puis un chinois super venèr qui tire partout et qui te regarde avec un regard de tueur ça aussi ça claque ! Ah oui, il faut le faire chialer le public aussi ; tiens un piano, tiens la photo de mon père martyr, mixons vite les deux pour essayer de faire quelque chose d’émouvant ! Luc Besson pleure à la fin à chaque fois qu’il le voit selon ses dires ; dommage, pas moi.

Luc Besson aurait tourné les repérages du film avec une chemise à fleur et un gros appareil photo pour se faire passer pour un touriste; mais serait-ce devenu un vrai grand reporteur, prêt à braver la junte pour tourner un reportage intime ? Oui (ça c’est pour la promo), bon après faut pas déconner non plus, faut tourner les scènes avec 5000 figurants sans être trop gêné par les petits rigolos toujours au pouvoir…

Non mais sinon, la bonne idée c’est d’avoir pris une histoire réelle, toujours actuelle, universellement respectable et respectée. Une femme, une démocratie, du courage, de l’audace, une lutte, un prix Nobel de la Paix… Impossible de critiquer le sujet, ou même la belle volonté de mettre en avant une opposante qu’il ne fait pas volonté. Mais le film colle-t-il à la pudeur de cette femme qui n’a jamais voulu se mettre en avant ni même prendre le pouvoir personnellement ?
Le film est un peu trop grand spectacle. Manque d’intimité, on n’y croit plus trop. Manque de retenue, de pudeur peut-être.

Oui j’ai mis un peu de mauvaise foi dans cette critique parce qu’on passe pas un mauvais moment et l’intention est vraiment louable. Les décors sont beaux, c’est sûr, (manquerait plus que ça soit moche et mal fait !). Mais j’m'en fous, j’ai l’intime conviction que la dimension du film ne convient pas.
Tu en fais trop Luc, beaucoup trop.

Sinon, un petit web-documentaire, passionnant, ludique, marrant, sur la terrible et folle dictature de Birmanie, c’est ici :
http://www.lemonde.fr/week-end/visuel/2011/06/17/birmanie-la-dictature-de-l-absurde_1537284_1477893.html

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Time Out

Time Out Film

Mysterarts

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Mysterarts

Comme par le passé, avec les scénarios du Truman Show et de Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol base son film sur une excellente idée de départ, puisée dans l’univers passionnant de l’anticipation. Dans Time Out, le monde n’est pas très différent du nôtre, si ce n’est que le temps a remplacé l’argent. Génétiquement, les gens ne vieillissent plus à partir de 25 ans : une fois cet âge atteint, il ne leur reste plus qu’une année à vivre. Heureusement, les salaires sont reversés en temps de vie, tandis que les achats sont effectués en donnant de son temps. À la fois porte-monnaie et compte à rebours avant la mort programmée, un compteur affiche en temps réel sur l’avant bras de tous, ce qu’il leur reste à dépenser.

Une idée forte donc, présentée avec brio dans les premières minutes du film. On entre tout de suite dans cet univers et on comprend rapidement toutes les conséquences qu’un tel système entraînent. Ainsi, la mère du héros de 28 ans, vit depuis 50 ans, mais tous deux ont l’air d’en avoir 25. D’ailleurs, à part les plus jeunes, tout le monde a 25 ans ! De quoi redistribuer les cartes des archétypes de personnages…

Mais quel que soit l’unité monétaire choisie par l’homme, il se débrouille toujours pour creuser les écarts et entretenir quelques nantis au dépend de la masse. La ville est maintenant séparée en zones : New Greenwich pour les très riches dont les compteurs affichent des centaines d’années de vie et la promesse d’une vie éternelle, et les ghettos où les habitants n’ont jamais plus d’une journée sur eux, les obligeant à trouver sans cesse des petits boulots pour survivre ou se retrouver contraint à voler ou mendier. Il n’est pas rare de tomber sur un cadavre au coin d’une rue, mort ruiné.

Will Salas fait bien entendu parti de cette seconde catégorie. Et le destin ne va pas le ménager : accusé à tord d’un meurtre, il va se retrouver embarqué dans une histoire impliquant voyous du ghetto, richissime patron et sa fille paumée ou encore gardiens du temps (la police). Devenu véritable Robin des bois des temps modernes (et précieux), il va chercher à faire bouger le système bien établi.

Hélas, les nombreuses pensées philosophiques que cet excellent pitch de départ auraient pu amener ne sont qu’effleurées. Le film ne va pas assez loin, se contentant une fois le décor posé, d’enchaîner les scènes un peu trop classiques du thriller ou du film d’action. La vision très manichéenne de ce monde y est pour quelque chose et on regrette qu’il ne nous offre pas un peu plus de réflexion.

Néanmoins, le film s’avère efficace. Le casting, forcément très jeune, est plutôt énergique. Pas de performance exceptionnelle mais les acteurs sont crédibles, même le petit nouveau : Justin Timberlake qui assure dans le premier rôle. On notera les costumes de Colleen Atwood, costumière de Tim Burton et les décors tout en subtilité, mélange rétro-moderne réussi de Roger Deakins, directeur photo des frères Coen. Au final, j’ai adoré plonger dans cette vision d’un futur proche et je ne me suis pas ennuyé dans le scénario plutôt haletant qui y prend place. Et tant pis pour les réflexions philosophiques, j’ai la chance d’avoir tout le temps devant moi pour y penser après !

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Après le Sud

Typicmint

e_ee_ee_ee_de_v L’avis de Typicmint

Un vieil homme nettoie une arme en écoutant Mozart. Une femme corpulente cherche la fraîcheur entre une sieste et une douche avant de s’affairer et sortir. Sa fille se prépare également, caissière d’une grande surface. On découvre ainsi en une succession de plans séquences précis un univers oppressant où se révèlent les handicaps – la précarité, l’obésité, l’âge – pour mieux durcir la vie – l’humiliation. Ce film inspiré d’un fait divers entremêle les histoires de chacun et procure au compte-goutte les clés du dénouement sous une chaleur accablante, une lumière blanche qui dénude chacun face à l’autre. Tout est alors inéluctable et tout tend vers la tragédie, un seul lieu, un seul temps.

Présent aux 16ème rencontres de Villefranche/s après Cannes (tout de même), Jean Jacques Jauffret saute le pas vers la réalisation avec cette première fiction tendue. Il tourne dans la région de Brignoles, celle de son enfance, avec une lumière intense et les couleurs de bauxite de Fos sur mer, un bel ocre dont on aimerait que tout le film en soit teinté. A la fois construit sur un mode autobiographique et allégorique, ce film nous montre les corps dans leur beauté, leur plastique et leur tension interne, dans un univers épuré de la présence des autres et loin de tout. Et tout cela fonctionne : la route est aussi improbable que le parking vide du supermarché mais l’histoire s’en nourrit et amplifie la sensation d’isolement des protagonistes. Il est évident que l’on est dans le Sud de Giono, aride, scarificateur, écrasant, celui que le réalisateur revendique.

Pour ce long métrage à petit budget, le casting reste remarquable : Adèle Haenel et son regard buté, la performance d’Yves Ruellan en vieux mélomane. Sans oublier Ulysse Grosjean, beau et remarquable de fragilité, et Sylvie Lachat en prise vitale et anxiogène avec l’addiction aux cornes de gazelle. Et pour chacune de leurs scènes, la direction d’acteurs se nourrit de toute évidence de l’expérience de Jean Jaques Jauffret et l’on s’en félicite. C’est un premier film exigent et réussi qui nous est livré, une belle rencontre d’un film et de son auteur.

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L’art d’aimer

L'art d'aimer

Mysterarts

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Typicmint

Ceci est le premier avis de Typicmint, nouveau rédacteur des FLDP !

Il y a toujours une première fois. Celle où l’on tombe amoureux d’abord et où l’on embrasse après, celle où l’on tombe assis sur un siège à bascule avant d’embrasser un film d’Emmanuel Mouret, le premier pour ma partie. C’est à cette première projection, une vraie avant-première, que les premières notes de musique, légères comme un premier amour, donnaient le ton de ce qui devrait enchanter chacun devant un tel événement : tomber amoureux et entendre la petite musique intime, la nôtre. L’idée est simple, originale, un premier enchantement, et nous présente l’art d’aimer comme une peinture vivante avec ses multiples scénarios du thème universel : aimer. Pas de psychologie, pas d’analyse de premier niveau, non, juste les choses telles qu’elles sont. Nous allons donc suivre la première vague délicate de la marée que chacun va découvrir à sa façon. D’un quinquagénaire surpris de l’irruption dans son appartement d’une jeune fille gauche en dessous rouge – Frédérique Bel – qui de chaque mot de François Cluzet prend le contre pied pour mieux repousser chaque avance et le laisser s’empêtrer dans ses réponses bancales, on navigue entre chacune de leurs entrevues à travers des couples qui entendent la musique au dehors, aux liens qui se distendent, qui échappent de peu au pire, quand la musique change de ton avant de reprendre le ton majeur, avant l’adultère ravageur consenti, quand chacun cherche la vérité de l’autre au moment de se brosser les dents et que l’ultime spectacle de sa lâcheté ravive le désir amoureux, celui du premier élan. Pour d’autres, c’est le courage de prendre le risque de tout perdre qui ravivera la flamme. Et c’est beau.

Ce que nous dit aussi Emmanuel Mouret, c’est que la première fois, c’est aussi s’embrasser d’abord puis tomber amoureux bien plus tard. Et là, on se délecte du jeu à trois de Julie Depardieu, Laurent Stocker, Judith Godrèche, un jeu en aveugle dans une chambre d’hôtel d’un couple, de la  première à la dernière rencontre cruciale. C’est un jeu de lumière où le noir est aussi une couleur, c’est un jeu où la mise en scène excelle avec des acteurs d’une justesse millimétrée et des dialogues ciselés. Même les blancs sont remarquables.

On en attendait pas moins d’Emmanuel Mouret avec un tel titre, l’art d’aimer n’est pas une leçon de choses mais bien une palette de couleurs. Et son art est de nous montrer la coloration du ré-amour sans désamour à toute étape possible de la vie. En cela, on est proche du « peindre ou faire l’amour » des frères Larrieu où tout doit un jour se ré-apprendre sans désapprendre, que l’âge n’a rien à voir là-dedans (baste, je me rapproche du quinqua, je soigne ma droite !), que tout est délicatesse. Mais Mouret garde en plus la touche légère qui est la sienne, optimiste sans jamais être désabusé. Et hormis les trois premières minutes passées avec un musicien qui va mourir sans connaître le petit air de l’amour si ce n’est quelques notes, les quatre vingt minutes restantes nous ravissent, et nous sommes avec eux, les personnages, on les aime, on les pousse à avancer, à s’aimer. On en redemande.

Et que ça chante chaque jour dans vos oreilles.
Sortie nationale le 23 novembre 2011.

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Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne


Mysterarts

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Mysterarts

Lorsque j’ai vu pour la première fois la bande annonce de ce Tintin, mon désir de voir le film était loin d’être certain, perturbé par la technique affichée du film et un étrange malaise. Dépassant mes peurs, et au prix (toujours trop cher) d’une séance de ciné 3D, je suis allé affronter la bête. Et c’est en effet un étrange hybride que Spielberg nous propose…

Hybride sur bien des points. Technologique d’abord, la limite entre acteurs et virtuel n’a jamais été aussi floue. Pour moi, la parfaite application de la théorie de la « Vallée dérangeante » (un phénomène passionnant) grâce ou à cause de la Performance Capture (les acteurs sont captés en train de jouer puis retravaillés intégralement par ordinateur). Ce qui ne m’avait aucunement choqué dans Avatar, transposé dans notre monde quotidien et non plus sur une planète lointaine, provoque une étrange sensation (le cerveau aime ranger les choses dans des cases bien définies). Mais on finit bien sûr par s’habituer et pouvoir profiter de l’apport de cette technique.

Car qui dit « tout virtuel », dit « toutes les libertés ». Avec l’ajout de la 3D, cela permet de faire des décors fouillés, remplis de détails où poser les yeux tout en ayant le regard dirigé sur l’action. Et puisque les acteurs sont captés sur tous les angles, le réalisateur peut balader sans contrainte sa caméra dans la scène, et il ne s’en prive pas. On retiendra ce très impressionnant plan séquence de plus de 5 minutes à couper le souffle, mélange de courses poursuite, d’acrobaties (personnages et caméras), de destructions et de gags !

Hybride aussi par son scénario, entre le film d’action blockbuster (et sa fumeuse manie de mettre trop d’explosions, de casses sans laisser reprendre son souffle) et une bande-dessinée d’aventure qu’est Tintin. Le résultat est un peu étrange là encore : certains passages tirés de l’original, seraient ridicules dans un film classique, et à l’inverse, certains passages ne reflètent pas le style d’Hergé (un combat de grues ?). Il faut donc le voir avec une bonne ouverture d’esprit pour en profiter pleinement sans être choqué par un héros qui s’écrit soudainement « Sapristi » alors qu’il se fait canarder.

Le scénario est lui aussi un vaste mélange : entre plusieurs tomes de la bandes dessinées (surtout 3, mais aussi pleins de clins d’œils dissimulés ça et là, très plaisants à dénicher !), mais aussi d’auto-références à ses films. Le résultat est plutôt efficace. Les enchaînements sont aussi « faciles » que dans une histoire de 62 pages, mais permettent une diversité de décors et de situations qui fait briller la rétine !

Et la question de la langue du film ? Pour une fois, la VO ne s’impose pas d’elle-même, car après tout l’original parle français, et c’est avec émotion que l’on retrouvera le ton et surtout les expressions des personnages. Ainsi, le tonnerre de Brest restera à Brest.

Décidément un bien étrange film que ce dernier Spielberg. Certains y verront un capharnaüm sans nom et sans forme, mal dosé et malheureux, d’autres y verront l’occasion de retrouver un héros de leur enfance, version survoltée mais néanmoins très fidèle à l’œuvre d’Hergé, de mon point de vue. Un film divertissant qui tient en haleine tout du long, une plongée dans les aventures que l’on a lues et relues, bref une mixture à l’apparence étrange mais au goût sucré. « Je dirais même plus« , étrange et sucré.

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Les Trois Mousquetaires


Mysterarts

e_ee_ee_ve_ve_v L’avis de Mysterarts

Une époque faste, des héros charismatiques, une histoire épique, il y a tout dans le roman de Dumas pour créer un film resplendissant et un divertissement haut de gamme. Anderson aura au moins réussi à me faire rire ! À ses dépens certes, mais à gorge déployée.

Il y a de nombreux écueils dans lesquels un blockbuster hollywoodien de film d’aventure peut échouer. Un montage sous cocaïne, des effets kitshs, des acteurs célèbres à côté de leurs pompes ou copiant Johnny Depp ou encore de l’humour prévisible. Non content de les aligner tous sans exception, le réalisateur parvient encore à aggraver son cas en ajoutant une 3D inutile (et je suis le premier à la défendre lorsqu’elle apporte quelque chose), et des situations complètement grotesques.

C’est bien simple : j’ai passé la séance à lever les bras au ciel (désolé pour mon voisin de derrière à ce propos) et à écarquiller les yeux devant les scènes incongrues, les anachronismes qui ne semblent pas voulus et autres extravagances physiquement absurdes.

Même les acteurs ne semblent y croire, et ça se sent. Entre ceux qui en font des tonnes, ceux qu’on a envie de cogner (je ne citerai aucun nom – pas mon genre – mais je le préférais en elfe) et ceux qu’on a tant aimé et qui se retrouvent si bas (Christoph Waltz, bon sang !), le casting est aux petits oignons !

Avoir une telle matière et la laisser cramer ainsi sur le feu, c’est vraiment du gâchis. Vous pouvez toujours aller voir ce film, mais je vous conseille de le prendre comme une parodie, ou tout simplement comme un bon nanard sauce capes et d’épées roussie.

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Le présumé m’a tuer

Rofraitryat

e_ee_ee_ee_de_v L’avis de Rofraitryat

Après « Omar m’a tuer » il y a quelques mois, « Présumé Coupable » semble reprendre en nombreux points la recette du film. Une histoire vraie, très médiatisée, des Hommes accusés à tort, et surtout la mise en lumière des travers de la justice. Dans les deux films, l’acteur principal semble s’être livré à une véritable performance physique (les fameux 27 kilos perdus par Torreton) et mentale (la dépression qui suit le film, les rencontres avec les véritables protagonistes…).

Les deux films ont été fait avec l’aval des premiers concernés, qui se réservaient un droit d’abandon total du métrage. Plus qu’un accord, ils ont aidé les acteurs à leur ressembler et les similitudes sont toujours assez bluffantes. On est alors tout de suite emporté dans chacune des histoires, sans décrocher jusqu’au générique final. L’émotion est parfois vive pendant le film, tant la reconstitution des destins brisés colle à la réalité.

Ces films sont aussi issus d’une véritable envie des réalisateurs de montrer, au delà des histoires personnelles qui se déroulent à l’intérieur, une partie de la réalité judiciaire. Beaucoup de questions se posent à la lumière de ces films. Comment un système judiciaire d’un pays vantant la démocratie peut il faire de telles erreurs, qu’elles soient volontaires ou non ?

Mais au delà des questions posés au sein du film, se dévoilent vite, pour nous, spectateurs, des questions sur ces films. Quelle légitimité et compétence, les réalisateurs détiennent ils pour dresser un portrait aussi sévère de la justice ? Comme lors de ces histoires où la justice n’a enquêté et plaidé qu’à charge, les films ne répètent-ils pas l’erreur d’un réquisitoire subjectif, partiel et entièrement orienté contre le système judiciaire ? Bien sûr ,les métrages expriment un point de vue particulier, mais il est tellement fort, paraît d’un coup tellement évident qu’il mériterait plus de recul. On est pris et captivé dans l’histoire, celle que l’on a longtemps entendu « dans la réalité », dans les journaux, et on nous montre la version que l’on attend. Il ne faudrait pourtant pas s’arrêter à l’affaire, ni au juge, mais approfondir; approfondir pour prendre du recul, pour tenter d’expliquer les erreurs que tout un système a faites. Les films, bien sûr, s’arrêtent sur des personnalités, et on ne peut pas leur reprocher de se limiter aux premiers protagonistes tellement le fil à remonter serait long pour tenter de dénouer les raisons des fiascos de tel ampleur. Alors, même si ils sont partiels et bien obligés de se formater pour d’abord captiver le public, ces films ont une force incroyable. La force de nous mettre en colère, de nous indigner, de nous donner envie de changer les choses, ou au moins de les faire avancer dans un meilleur sens. C’est voulu, Vincent Garenq le répète « Je ne veux pas que Présumé Coupable émeuve, je veux qu’il mette en colère ».

Après être arrivé à mobiliser l’opinion publique sur les déviances de la justice à grands coups de drames hélas bien réalistes, l’heure a sonné de réclamer un documentaire pouvant approfondir ce que ces deux films esquissent et critiquent, le système judiciaire français. Enfin, comme une suite logique à l’indignation provoqué par ces films, il nous faut nous donner les moyens de l’engagement, de l’approfondissement, de la réflexion par le recul et enfin, de l’action. Car la vraie finalité de films comme ceux-ci, c’est le changement de ce qu’ils critiquent tant.

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La Défense Lincoln

La defense Lincoln

Mysterarts

e_ee_ee_ee_de_v L’avis de Mysterarts

Vous qui cherchez une enquête croustillante à vous mettre sous la dent, vous qui voulez voir autre chose que les Experts, vous qui aimez les polars, arrêtez-vous quelques instants sur ces lignes…

La Défense Lincoln doit son titre à la voiture qui sert de bureau à Michael Haller (Matthew McConaughey), avocat à Los Angeles. Ce n’est – évidemment pas l’éthique qui définit cet homme du barreau qui n’hésite pas à magouiller avec son enquêteur privé, afin de libérer les pires fripouilles (excusez mon vocabulaire). Jusqu’ici, rien de bien étonnant, on est aux État-Unis, non ?


Après une petite introduction bien décidée à nous montrer que c’est super cool d’être manipulateur, Maitre Haller est engagé par un fils-à-maman-riche (Ryan Phillippe), accusé d’avoir tenté de violer une serveuse (ce qui est plutôt mal vu). Le suspect n’est pas si mal barré, puisqu’aucune trace de sperme n’a été trouvée sur le col de l’innocente victime car cette dernière a réussi à assommer son agresseur avant qu’il n’ait pu agir. Mais du coup… Est-ce que ce ne serait pas un coup monté ?

Ce n’est là que le premier dilemme que va rencontrer l’avocat dans sa quête de la vérité. Oui, de la vérité, car habituellement c’est plutôt la quête de la libération de son client et de la mallette de billets verts qui l’intéresse, mais cette fois, c’est différent. L’homme va se retrouver directement impliqué et va devoir user de toute sa ruse pour s’en sortir.


Le scénario est plutôt bien fagoté : sans nous tenir en haleine et nous surprendre à chaque rebondissement, il ne laissera qu’une petite déception pour sa conclusion, mais assurera le spectacle. La mise en scène quant à elle, profite d’une légèreté et d’une simplicité de bon aloi. Même les acteurs adoptent un jeu sobre et juste que l’on n’attendait pas. Les deux protagonistes masculins, avocat et client, ont tous deux eu une carrière faite de films sentimentaux bon marché (surtout le premier), et c’est avec plaisir qu’on les retrouve dans ces rôles bien taillés.

Sans être un chef d’oeuvre du film d’enquête, La Défense Lincoln nous entraîne sans peine sur les routes de son polar épuré et réussi. Un film sur les tribunaux bienvenu pour nous apporter encore quelques précisions sur la manière de défendre aux États-Unis, un suspect médiatique, que tout accable.

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Pourquoi tu pleures ?

Rofraitryat

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Rofraitryat

Non, s’il vous plaît, ne vous fiez pas à l’affiche de ce film. Si comme moi, à sa vue, vous aviez envie de répondre au titre du film, « parce que l’affiche de ton film est loupée, c’est gentil de vouloir jouer l’oxymore entre un sombre et désinvolte Benjamin Biolay et un fond rose, des colombes et des fleurs, mais non, là c’est juste moche ». Bon, forcez vous un peu et allez acheter une place pour voir le film quand même.

« Pourquoi tu pleures ? » ne se prend pas la tête, n’est pas compliqué, ne sort pas des sentiers battus, n’est pas allé cherché son scénario très loin de notre réalité. Oui, mais il fonctionne, il réussit parfaitement ce qu’on lui demande sans avoir trop d’attentes. D’abord, il est drôle. Bien plus drôle que certains films français qui décrivent un bout de société, et où on ne fait qu’esquisser un sourire, là on rit (et ça fait du bien ça !). Clairement plus drôle que touchant, le film ne s’enfonce pas dans le piège de la dérive dramatique. Tant mieux, il a su rester léger, on ne demandait pas plus de profondeur ou de réflexion.

Pour arriver à cet agréable résultat, le film a su déployer deux forces. Extrêmement bien écrits, les dialogues et surtout les situations sont excellentes. Pleins de détails très bien trouvés, des critiques burlesques de traditions et de morceaux de société. On ne réfléchit pas trop et on ne se prend pas la tête, un peu à l’image de la relation qu’entretient Benjamin Biolay avec ses différents amours dans le film. Car un bon scénario ne serait rien sans les deux acteurs principaux qui portent le film à bout de bras.

Benjamin Biolay, toujours aussi nonchalant et désinvolte, colle parfaitement au personnage. Pas de fausses notes du chanteur, même si il pleure, il ne tombe pas dans le mélo-drame, et le reste du temps, joue bien cet homme perdu dans ses sentiments et surtout dans tout cette agitation autour du mariage. Premier premier rôle réussi. La très bonne surprise du film que l’on ne soupçonne pas, c’est la performance d’Emmanuelle Devos. Avec un rôle qui ne devrait faire que passer rapidement dans l’emploi du temps de Benjamin Biolay, celle-ci s’impose finalement comme le capital humoristique le plus important du film. Par la force de l’écriture de son rôle et son attitude particulière (surtout avec sa fille, mémorable).

Bref, on ne saura peut-être pas, à la sortie du film, répondre la question « Pourquoi tu pleures ?», mais « pourquoi tu ris ?», c’est certain.

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