Les frères Lampe de Poche vous conseillent :

Bullhead

Rofraitryat

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Rofraitryat

 

Bullhead n’est pas un polar comme les autres, c’est un polar Belge.

Sans vouloir faire de stigmatisation nationale, la « belgium touch » est présente du début à la fin. Celle ci est assumée et se retrouve autant dans la forme jamais totalement sérieuse que dans fond. Seuls les belges (parfois les canadiens, c’est vrai), savent créer des personnages, avec des gueules et des dialogues comme ceux de Bullhead. Seuls eux savent mêler à un polar noir sur le trafic d’hormones, des personnages loufoques, décalés et vraiment drôles. Rien à voir avec l’austérité, la noirceur, et la mono-ambiance dont on à l’habitude dans les thriller, ici on passe de la quête policière, au rire gras sans que cela choque. La question de la frontière de la langue est aussi abordée, on passe du flamand au français, entre incompréhension, barrière culturelle et accent et expressions si particulières. Tous les personnages ont de vraies gueules, pas dans les canons de beautés liftés, mais celles dont on se rappelle, dont on sourie au premier regard et dont le charme passe souvent par l’empathie plutôt que par la subjugation. Certaines rappellent celles croquées par Riad Sattouf dans ses bandes dessinées.

Après une expérience traumatisante durant ca jeunesse (qui a fait frémir tous les hommes présents dans la salle, même celui bien musclé à côté de moi a baissé la tête de douleur…) le personnage principal souffre d’une carence naturelle de masculinité. Piqué à la testostérone et dopé aux hormones pour bœufs, avec la carrure de ses animaux, son apparence bestiale est accentuée par les contres plongées rapprochées de la caméra. Ce rapprochement entre les bêtes et les Hommes au cœur du film peut mettre mal à l’aise mais fait la spécificité et une partie de l’intérêt du scénario et de cette mise en scène si particulière.

Bullhead manie avec agilité plusieurs styles. Sur un fond sombre de trafic et de meurtre, on s’attarde sur l’histoire d’un Homme par des flashbacks et sur les conséquences d’une souffrance durant sa jeunesse. Autour de ce triste spectacle gravite des seconds rôles, drôles, fous, ou touchants, ils donnent au film une saveur originale et agréable. La performance des acteurs, l’attention portée sur les relations entre tous les personnages, et des plans géniaux finiront par vous convaincre de la qualité du film.

VN:F [1.9.11_1134]
A votre tour, donnez une note à ce film !
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
Digg This
Reddit This
Stumble Now!
Buzz This
Vote on DZone
Share on Facebook
Bookmark this on Delicious
Kick It on DotNetKicks.com
Shout it
Share on LinkedIn
Bookmark this on Technorati
Post on Twitter
Google Buzz (aka. Google Reader)