Gainsbourg ( vie héroïque )





L’avis de Rofraitryat
Gainsbourg, (vie héroïque). Avant de commencer, ma connaissance de ce monument de la chanson française se limitant à un billet brûlé, une histoire d’amour avec Brigitte Bardot et Bonnie and Clyde, je n’ai pu en aucun cas vérifier la véracité du film, ou bien du « conte » comme l’indique l’affiche. Sur cette affiche d’ailleurs, et à l’image du film, on voit Eric Elmosnino en train de fumer ( ce qui lui valut d’être banni des panneaux publicitaires de la RATP ! ), en effet qu’il ait 10 ou 40 ans Gainsbourg a toujours une cigarette à la bouche.
Le film commence dans le Paris occupé des années 40, le jeune Lucien Gainsbourg fait partie d’une famille juive et doit porter l’étoile jaune. Son père, pianiste, le pousse à poursuivre cet instrument malgré une attirance plus forte pour le dessin et la peinture… Déjà à cet âge, Lucien ne recule devant rien, petit provocateur et beau parleur, il arrive à ses fins pour vivre ses passions.
Dès le début, le film nous surprend par une étrange créature… En effet les affiches « anti-juifs » placardées sur les murs laissent apparaître une caricature mi-juif mi-cafard, et celle-ci commence à suivre le petit Gainsbourg… Imagination débordante ? Nous ne savons pas beaucoup sur cette créature, véritable personnage surréaliste dans l’histoire pourtant bien réelle d’un autre personnage atypique… Après le récit de son enfance, on retrouve Lucien, professeur de peinture mais qui s’intéresse toujours à la musique, suivit par « sa gueule »… Nouvelle ou évolution de la créature, celle-ci est véritablement la caricature de Gainsbourg, nez et oreilles démesurément grandes, elle conseille et avertit le bien réel Gainsbourg et le guide vers la musique. Inattendu dans une biographie que l’on imaginait sans extravagance, cette créature apporte l’excentricité nécessaire pour un film sur cet homme, et laisse apparaître le crayon de Joann Sfar.
Attardons nous maintenant un peu plus sur ce qui reste tout de même l’essentiel du film, les aventures tumultueuses d’Eric Elmosnino dans la peau de Gainsbourg et les bras de nombreuses femmes… Ressemblance frappante, de sa nonchalance et incompréhension à sa gestuelle, de sa gueule aux visages de ses rencontres, les similitudes sont nombreuses et vraiment impressionnantes. On ne décroche pas de l’histoire, les chansons rythment l’épopée du piano bar à la consécration, de Brigitte Bardot à Jane Birkin. La richesse, le succès, les plus belles femmes, rien ne semble ébranler le calme et le talent de Gainsbourg, s’adaptant et créant en fonction des rencontres, il reste tout le long fidèle à lui-même.
Quand Joann Sfar, habitué de la bande dessinée, s’attaque au cinéma pour un biopic d’un monstre sacré de la musique, d’abord rêveur de peinture, les talents se mélangent pour devenir du grand art.















