




L’avis de Mysterarts
Il y a des thèmes qui me touchent particulièrement, qui n’ont qu’à lever le petit doigt pour me happer rapidement. La destinée, le hasard, les coïncidences, ou les forces supérieures en font partie. Quelle joie alors de les retrouver dans l’Agence, « The Adjustment Bureau » en anglais (ce qui est encore plus classe). Et vous ? Ça ne vous traverse pas l’esprit que notre libre arbitre est parfois manipulé par quelque chose au-dessus de nous ?
David Norris (Matt Damon) est un jeune politicien de talent, promis à un bel avenir, mais parfois trop fougueux à en devenir irresponsable. Le jour d’une défaite cuisante, il rencontre Emily (Elise Sellas) et, aussi fou que cela puisse paraître, ils vont tomber amoureux l’un de l’autre (ce sont des choses qui arrivent).

Oui mais voilà, ce n’est pas dans le Plan. David doit rester éloigné d’Emily s’il veut réussir politiquement. Seulement, l’entêté s’en fiche pas mal de réussir à ce prix-là, car il est sérieusement amoureux, ce qui ne va pas faciliter la tâche de l’Agence. Il s’agit de ces hommes, très classes avec leurs chapeaux, qui veillent à la bonne exécution du Plan.
Ce premier film de Nolfi, jusqu’ici scénariste (La Vengeance dans la peau, Ocean’s Twelve) est une adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick. Il y avait donc matière à réussir. Le réalisateur a pris le pari risqué d’ajouter sur ce script originel, une romance qui ne fait pas uniquement figure de décoration, mais qui devient le centre même du film, relayant les hommes chapeautés à de simples opposants. Dommage, j’aurais voulu en savoir plus sur eux, m’immiscer encore plus dans leur organisation, voir un peu ce qu’ils avaient sous le chapeau.

Mais il faut admettre que cette amourette (c’est une litote) ne m’a pas déplu pour autant. Matt est très bien en amoureux transi, Elise quant à elle est… jolie (Tiens, ça aurait mieux sonné avec Emily). Et j’ai trouvé le tout plutôt crédible voire attachant. Je suis comme ça : on m’attendrit facilement.
Le recours à un accessoire très sympa m’a aussi séduit : un carnet qui contient les embranchements de destinées et autres conséquences sur le futur d’une personne, le tout mis à jour de manière céleste et magique. Le décor quant à lui est réussi : New York devient presque fantastique sur la pellicule, et il y a surtout cet immense building, siège pas vraiment discret de l’Agence. A l’intérieur, les styles se mélangent pour former quelque chose de cohérent qui inspire le respect, à la fois chaud et rigide, bois et marbre, lumière et recoins sombres.

Qu’est-ce qui manque alors ? A la fois plus d’explications, plus de précisions sur cette Agence, mais aussi moins de discours à propos de l’Agence. Le film réussit à être léger à propos des questions philosophiques qu’entraînent forcément ce genre de film, en les évitant soigneusement, puis tout s’écroule : la fin est relativement ratée, trop courte, trop bâclée.
Malgré tout, je vous conseille ce film si vous aimez le thème. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs… C’est comme si l’on me soufflait cette conclusion. Un frisson me parcourt, une étrange impression d’être surveillé, supervisé, en écrivant ces mots.
















