Martha Marcy May Marlene





L’avis de Rofraitryat
Martha Marcy May Marlene, quatre noms pour une fille et une multitude d’identité.
Pendant tout le film on est balancé entre ses deux mondes. Celui durant lequel elle vivait dans cette secte, avec ses rites, son fonctionnement, son entourage ; et le monde actuel, recueilli par sa sœur et son beau frère dans une leur grande maison, quasi vide, prêt d’un lac. Les deux mondes s’opposent souvent ; la proximité extrême des membres dans l’un contre l’immensité froide de l’autre. L’esprit de communauté poussée à son extrême contre l’individualisme libéral ou encore la proximité de la nature contre le confort matériel.
Martha est passé physiquement de l’un à l’autre, mais le choc est tel qu’il semble difficile de vivre entièrement dans ce nouveau. Tout au long du film on passe de l’un à l’autre pourtant presque naturellement. Les transitions sont parfaitement réfléchies pour nous plonger subtilement et alternativement dans ces deux mondes qui perturbent Martha. Mais ce ne sont pas vraiment des flashbacks, ces passages d’un monde à l’autre ont de vraies répercussions sur la nouvelle vie de Martha. Les frontières sont floues, les mondes s’entrechoquent, interagissent les uns sur les autres, entrent en confrontation. Le souvenir de la secte affecte sa vie nouvelle à telle point que ces deux mondes opposés se confrontent sur le même terrain, pour la domination psychologique de Martha.
Ce rythme très particulier fonctionne parfaitement. On est vite happé dans ces deux univers et perturbé par ces traversées dont les liaisons se brouillent. Comme Martha, on ne maitrise plus les interactions entre les deux.
Cette forme cadencée originale convient parfaitement au fond avec ce choc entre la réalité physique et la construction physiologique induite par la secte.
Pour parfaire le tout, le jeu de l’actrice principale est vraiment crédible et la couleur, le flou et la saturation même de la pellicule participent à cette immersion.
En évitant les écueils stéréotypés qui entourent les sectes, le film se concentre sur leur impact psychologique en développant une rythmique particulière qui donne au film sa qualité et sa force.















