




L’avis de Mysterarts
Mais où sont passés le deerstalker et la loupe de notre souvent imité mais inimitable Sherlock Holmes ? Qui est cet étrange gugusse musclé et mal rasé qui prétend avoir pris sa place ? Est-ce encore un coup du terrible professeur Moriarty, qui aurait placé l’un de ses lieutenants dans la peau du détective pour tromper son monde ? Et bien non, c’est l’oeuvre du non moins machiavélique Guy Ritchie, pour son dernier film d’enquêtes et d’action.
A tout ceux qui se sont posés les questions ci-dessus, calmez-vous ! On arrive à rien en s’affolant de la sorte. Ce n’est pas le fin limier dont il est question ici qui me contredira. En effet, Robert Downey Jr ne ressemble pas vraiment à l’image que je me faisais de l’enquêteur, mais après tout, ce n’est peut être pas plus mal : à trop l’imiter, on risquait de tomber dans la caricature et la parodie. Ce n’est pas pour autant que le Sherlock proposé est très éloigné de l’original : son caractère, ses frasques, ses mauvaises habitudes, et surtout son génie ne sont point oubliés ! Et ce n’est pas parce qu’il ne se déplace pas courbé avec sa loupe sous le regard qu’il n’est pas capable de déductions impressionnantes et d’enquêtes palpitantes. D’ailleurs, le véritable Holmes décrit par Conan Doyle ressemble plus qu’on ne le croit, à cette version punchy du détective. Eh oui, ce dernier pratiquait la boxe et l’escrime, d’après les romans et nouvelles de l’écrivain.
Le film mise sur deux tableaux : un film d’action, avec quelques scènes de combats et deux trois explosions pour combler les trous, et un film d’enquête, avec intrigues, mobiles, indices, meurtres et tout le reste de l’équipement idéal du parfait policier, l’humour d’Holmes en plus.
A ce propos, je ne peux m’empêcher de vous parler de l’étroit rapprochement de l’enquêteur avec le Dr House. Au-delà de la canne et barbe non entretenue du personnage d’Huges Laurie, il y a une manière méprisante de communiquer, un humour noir et surtout un talent d’observation et de déduction sciant qui les rapprochent en beaucoup de points. Et moi tout ça, je dois avouer que ça me plait !
Côté technique, le film a bien sûr du Blockbuster américain : des moyens, et plutôt bien utilisés. Les décors et les costumes par exemple, sont bluffants. Moi qui adore la période victorienne, j’ai été servi. Pas de l’exceptionnel dans la réalisation, mais pas de notes dissonantes non plus pour un film qui « passe » très bien. Les ralentis sont pour une fois bien utilisés et les flashbacks ne perdent jamais le spectateur. Peut être quelques caricatures, de méchants par exemple, un peu trop « faciles », et quelques déductions ou stratagèmes un peu trop tirés par les cheveux pour être crédibles, mais des acteurs, y compris pour les seconds rôles, à la hauteur. La complicité entre Holmes et Watson est d’ailleurs très bien mise en avant.
Peu de choses donc à redire pour ce premier épisode de Sherlock Holmes, qui nous propose de découvrir un personnage légèrement remasterisé mais pas sans intérêt. Le défi était complexe, pour qui s’attaque au monstre sacré, mais le résultat ne m’a pas déçu. Et, de toutes manières « Rien n’est petit pour un grand esprit » [A. CD].















