Le territoire des loups





L’avis de Karibou
Je suis heureux. Plus besoin d’attendre fin Décembre 2012 (rajouter une blague sur les Mayas ici) pour savoir mon film de l’année. C’est plaisant de savoir qu’en Mars je l’ai déjà trouvé et que les mois suivants vont être tranquilles. Pendant que j’y suis, je décide arbitrairement que Prometheus sera mon second film de l’année.
Tout aussi sérieusement, The Grey (Le territoire des loups en VO) est un véritable coup de coeur. Vous savez, ce genre d’oeuvre qui vous laisse muet pendant le générique de fin. Ou des images vous reviennent en tête pendant les jours suivants.Pourtant, quand on m’a vendu le film, je ne m’attendais pas à ça. On m’avait dit que c’était très proche d’un Predator. Donc j’étais déjà très impatient de voir ça. A savoir, si vous voulez que je regarde un film, dites qu’il ressemble à Predator / Alien, vous êtes sûr que 24H plus tard je vous en reparlerai.
The Grey nous emmène au fin fond de l’Alaska ou un groupe de foreurs rentrent d’une mission, accompagné par un chasseur (Superbe Liam Neeson). Malheureusement pour eux leur avion se crashe au milieu de nulle part et pour couronner le tout en plein milieu du territoire de chasse d’une meute de loups. Devant retrouver la civilisation, ils vont devoir faire face au froid, à la faim et échapper à leurs prédateurs.
La plus grande force de The Grey n’est pas son coté survival stricto sensu. Oui, ils faut qu’ils survivent au froid et à leurs blessures, mais The Grey c’est d’abord une grande allégorie. Difficile d’en dire plus sans spoiler, alors je vais parler d’autres facettes du film et après je spoilerai (je suis cool, hein?).
Niveau réalisation, je n’est jamais été un grand fan de Carnahan. Narc et Smokin’ Aces étaient bof malgré une belle photo et L’Agence tout Risques était fun mais ils ne m’avaient jamais donné un grand coup de pied dans le ventre pour que j’ai le souffle coupé et que je me dise: OUAH PUTAIN!
Avec Le Territoire des Loups on ne m’a pas donné juste un grand coup de pied. On m’a battu à mort, on m’a vendu pour un paquet de cigarette et tatoué une larme sur la joue. Oui, je suis devenu la petite biatch de Carnahan. L’enchainement des plans à toujours du sens, la géographie des personnages est respecté, l’inventivité donne plus de punch à des scènes vues et revues (qu’on me balance un métrage qui filme un crash d’avion de cette manière) et surtout, la photo est à tomber par terre. Tu vas avoir froid, spectateur, et tu vas fondre devant les plans grand angle des forets inviolées de l’Alaska.
Et c’est à ce moment ou je spoile. Va voir le film et reviens quand c’est fait.
Allégorie, donc. The Grey c’est d’abord un film sur le deuil et comment ne pas abandonner la vie. Quiconque a déjà perdu une personne aimée se retrouvera dans le personnage de John Ottway. Comment continuer? Comment faire face à la douleur? Tout le film est à propos de ça. Tout le film s’imbrique peu à peu pour donner des réponses. Les loups sont moins des animaux qu’une métaphore de la mort, de l’abandon de soi. Quand on suit les personnages c’est ce qui frappe en premier. Liam Neeson est le seul personnage à vouloir en finir (il veut se suicider au début du film) pourtant il se retrouve peu à peu à être le leader de ces hommes qui ont tous quelque chose ou quelqu’un pour qui vivre. Rarement une dernière scène aura une symbolique aussi forte. D’abord sur les porte-feuilles des morts ou il découvrent leurs familles et leurs femmes, puis sur l’apparition du loup Alpha. Une énorme masse noir. La mort elle-même.
Parce que The Grey nous dit en substance de ne pas abandonner. Que le plus beau cadeau qu’on puisse faire à nos proches décédés c’est de vivre et de continuer.
Once more into the fray
Into the last good fight I’ll ever know
Live and die on this day
Live and die on this day
Regarder la mort en face, prendre les armes et se battre.
Merci John Carnahan.















