The Informant !

Avertissement : il est quasi impossible de parler du film sans dévoiler légèrement son concept qu’on ne perçoit pas forcément au début du film. Si vous n’avez rien lu sur lui, alors ne lisez rien avant d’y aller. Mais si vous avez déjà lu un résumé ou une critique dessus, on vous a surement déjà mis sur la piste, donc vous ne gâcherez rien en me parcourant :)





L’avis de Mysterarts
Moi je les aime, les arnaques à l’américaine ! Elles ont une classe qui sent bon le rêve américain et la pourriture du système capitaliste. Elles font plaisir à voir, parce qu’elles nous entraînent très loin, très haut. Mais ces films qui nous les content, nous font rêver un temps, pour mieux nous en dégoûter, lorsqu’elles nous redescendent bien bas, dans les mécanismes humains (donc tordus) des arnaqueurs, ces marginaux au bord de la folie. Ça rassure de savoir que pour la plupart d’entre nous, aller si loin serait impossible.
Pendant que Frank (Leonardo dans Catch Me if You Can), use de ses talents de manipulateur pour vivre de trépidantes aventures, notre « héros » du jour, Mark, incarné par un Matt Damon bouffi à en être presque méconnaissable, s’empêtre. Ce qu’il y a de vraiment bon dans ce film, à mon goût, c’est le mélange entre un scénario tiré d’une histoire vraie, alambiqué au possible, et ce bon vieux Mark dont on a du mal à le classer dans la catégorie des naïfs ou des profiteurs. Le réalisateur utilise un procédé qui tente de nous tromper : on entend le soliloque intérieur de Matt Damon pendant le film, parfois même par dessus la réplique de son interlocuteur. Et ce qu’il nous raconte est étonnant d’inutilité, ou de décalage – du moins au premier abord. Interrogé par le FBI, c’est la cravate et même les cravates en général qui seront le sujet de réflexion de Mark. Comment ne pas penser alors que l’homme est simplement… simplet ? Impossible de parler du scénario sans dévoiler le film, sachez simplement qu’il est compliqué, dur à suivre si on est fatigué ou pas de bonne humeur. Je dirais même que pour une bonne partie des gens (qui sont d’ailleurs pour certains, partis tout court de la salle…), le scénario est indigeste. Pas autant d’action que la bande d’annonce le suppose, beaucoup de blabla, sans compter que le réalisateur prend son temps : on comprend l’accueil mitigé du film. Mais moi, j’aime ça :p Alors je lui mets 4 étoiles et je le défends !
Mine de rien, il y a pas mal de rebondissements dans ce film, et de petits détails qui m’ont plu. Le look du métrage est réussi : ça se passe dans les années 90 théoriquement, mais comme pour accentuer le côté ringard de cette époque (si si, c’était terrible, je vous assure), le réalisateur s’est plus inspiré des années 40 : tout est maronnasse, sépia, pas beau (voir l’image hideuse plus haut). Même Matt Damon, c’est dire ! Les différentes ambiances sont bien retranscrites, dans les couleurs et les décors : ambiance ennuyeuse et cadré du travail, luxueuse mais trop chargée des hôtels aux réunions secrètes de patrons malhonnêtes, coquette mais étouffante des intérieurs habitables : ça grattouille la rétine, ça décale le film dans un autre monde atypique, bref c’est réussi. Le ton du film enfin, est pour moi une vrai succès : entre ironie, cynisme et naïveté, on ne sait plus vraiment où donner de la tête. Ce n’est pas fait pour nous tuer de rire, mais la parodie des films d’espionnage est là, en fond, sans pour autant qu’elle monopolise l’attention : juste quelques touches de rappel.
Original par ses arnaques arnaquantes, ses cravates à rayures et ses grosses lunettes, manipulateur avec son point de vue surprenant est bien trouvé, The Informant est à voir, même si certains diront à mon propos : « Il ne vous a pas tout dit ».














