Time Out

Time Out Film

Mysterarts

e_ee_ee_ee_ee_v L’avis de Mysterarts

Comme par le passé, avec les scénarios du Truman Show et de Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol base son film sur une excellente idée de départ, puisée dans l’univers passionnant de l’anticipation. Dans Time Out, le monde n’est pas très différent du nôtre, si ce n’est que le temps a remplacé l’argent. Génétiquement, les gens ne vieillissent plus à partir de 25 ans : une fois cet âge atteint, il ne leur reste plus qu’une année à vivre. Heureusement, les salaires sont reversés en temps de vie, tandis que les achats sont effectués en donnant de son temps. À la fois porte-monnaie et compte à rebours avant la mort programmée, un compteur affiche en temps réel sur l’avant bras de tous, ce qu’il leur reste à dépenser.

Une idée forte donc, présentée avec brio dans les premières minutes du film. On entre tout de suite dans cet univers et on comprend rapidement toutes les conséquences qu’un tel système entraînent. Ainsi, la mère du héros de 28 ans, vit depuis 50 ans, mais tous deux ont l’air d’en avoir 25. D’ailleurs, à part les plus jeunes, tout le monde a 25 ans ! De quoi redistribuer les cartes des archétypes de personnages…

Mais quel que soit l’unité monétaire choisie par l’homme, il se débrouille toujours pour creuser les écarts et entretenir quelques nantis au dépend de la masse. La ville est maintenant séparée en zones : New Greenwich pour les très riches dont les compteurs affichent des centaines d’années de vie et la promesse d’une vie éternelle, et les ghettos où les habitants n’ont jamais plus d’une journée sur eux, les obligeant à trouver sans cesse des petits boulots pour survivre ou se retrouver contraint à voler ou mendier. Il n’est pas rare de tomber sur un cadavre au coin d’une rue, mort ruiné.

Will Salas fait bien entendu parti de cette seconde catégorie. Et le destin ne va pas le ménager : accusé à tord d’un meurtre, il va se retrouver embarqué dans une histoire impliquant voyous du ghetto, richissime patron et sa fille paumée ou encore gardiens du temps (la police). Devenu véritable Robin des bois des temps modernes (et précieux), il va chercher à faire bouger le système bien établi.

Hélas, les nombreuses pensées philosophiques que cet excellent pitch de départ auraient pu amener ne sont qu’effleurées. Le film ne va pas assez loin, se contentant une fois le décor posé, d’enchaîner les scènes un peu trop classiques du thriller ou du film d’action. La vision très manichéenne de ce monde y est pour quelque chose et on regrette qu’il ne nous offre pas un peu plus de réflexion.

Néanmoins, le film s’avère efficace. Le casting, forcément très jeune, est plutôt énergique. Pas de performance exceptionnelle mais les acteurs sont crédibles, même le petit nouveau : Justin Timberlake qui assure dans le premier rôle. On notera les costumes de Colleen Atwood, costumière de Tim Burton et les décors tout en subtilité, mélange rétro-moderne réussi de Roger Deakins, directeur photo des frères Coen. Au final, j’ai adoré plonger dans cette vision d’un futur proche et je ne me suis pas ennuyé dans le scénario plutôt haletant qui y prend place. Et tant pis pour les réflexions philosophiques, j’ai la chance d’avoir tout le temps devant moi pour y penser après !

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