





L’avis de Karibou
Bien que je n’y sois pas allé à reculons, je n’ai jamais aimé le cinéma de Jacques Audiard. Pure intolérance de ma part car je n’ai pas vu ses autres films. Mais des acteurs comme Duris ou Devos ont comme capacité de me répulser de façon épidermique.
Le cinéma Français prenant peu à peu le chemin de la littérature (copinage, histoires égocentriques, bouillie stylistique), j’étais curieux de voir la vision d’un réalisateur de notre Mère Patrie s’essayer au film de prison (et non au W.I.P, je vous laisse chercher ce sous-genre cinématographique sur le net, malheureusement). Bon point pour Jacquot, il fait de Tahar Rahim (découvert dans « La Commune » sur Canal +) son héros ou plutôt son personnage principal.
Le métrage s’essaye au cas classique de la montée, échelon par échelon, d’un petit voyou qui apprend avec violence les règles d’un milieu où cohabitent honneur et coups en douce.
Au-delà d’une vision réaliste quoique imagée pour plus de maîtrise narrative (A l’heure actuelle où les prisonniers sont en surnombre, il est surprenant de voir que chaque personnage a sa cellule bien à lui) où la promiscuité, tantôt malsaine lors des douches, tantôt obligatoire pour sa survie, Jacquot parsème son film d’idées bien malignes.
Les sorties provisoires, très peu utilisées dans d’autres films, donnent un nouveau souffle au métrage. Il est amusant de regarder, au niveau réalisation, que même dehors, on garde des cadres serrés, des personnages très proches les uns des autres, comme si le manque de liberté ne s’arrêtait pas dès le passage des grilles. Se greffe aussi une redécouverte du monde qui entoure Tahar (les pieds dans l’eau lors de la scène sur la plage).
On peut parler aussi de l’apprentissage de la langue Corse très McTiernien dans son approche (mais pas assez malheureusement) ou des visions qui rapportent encore une fois à l’ambivalence de la loi du milieu.
Au final, il en ressort un film maîtrisé dans son approche, avec des personnages convaincants, des scènes intimistes, sensibles mais aussi brutales, toutes traitées sur un pied d’égalité et des fulgurances magnifiques sur certains plans.
Reste plus qu’a espérer que Malik El Djebena, qui suit les traces de Tony Montana, ne finisse pas comme lui.





L’avis de Mysterarts
C’est un sacré coup de poing, assurément, que ce nouveau film d’Audiard. On en ressort estomaqué, déboussolé. Je crois bien que je me suis demandé, en passant la sortie du cinéma, combien de temps durerait ma permission et si j’allais être fouillé en rentrant. Est-ce vrai ? Nos prisons sont elles comme celle de ce film ? La mise en scène, directe et sobre, tout comme le décor, dépouillé et sale, nous le fait sérieusement penser. Mais s’il y a une chose qui nous prend, une chose qui attrape et nous colle contre les barreaux froids de ce pénitencier, c’est bien le jeu des acteurs et tout particulièrement de Niels Arestrup en parrain puissant puis décadent et Tahar Rahim, véritable révélation. Pour ce dernier, rien d’original à mes propos, les critiques et les spectateurs sont unanimes : il s’agit là d’une terrible performance d’acteur, cruellement réaliste, qui par la subtilité, vient enfoncer dans nos crânes une réalité que l’on ne pourrait refuser.
La plus grande partie du film se déroule dans une prison, lieu on ne peut plus fermé, où les détenus s’arrangent pour supprimer les quelques libertés qu’il leur restait, et pour s’en octroyer d’autres, qu’on leur avait enlevées. Le tout régi par de véritables gangs. Mais au sein de cette enceinte, tout va plus vite : les informations, les marchandises, les coups de poing, les lames de rasoirs. La proximité, qui oblige à cohabiter dans la promenade par exemple : tout est fait pour que la tension atteigne des sommets. Et cette tension, on la palpe très bien, on pourrait la couper au couteau, tant elle engloutit et englue les détenus.
Mais ce n’est pas seulement un film sur l’univers carcéral, c’est aussi un film d’action, proche parfois de ceux américains, avec un véritable scénario, mêlant trafics, corruptions, trahisons, meurtres avec brio. C’est aussi l’histoire d’êtres humains, tantôt fourbes, émus, violents, pères sans l’être vraiment. Mais tout n’est pas totalement noir dans ce film. Heureusement ! Il y a aussi des évolutions positives qui apportent quelques touches de lumière, ainsi qu’un peu d’humour et de fantastique, pour la couleur. Et n’est-ce pas justement dans le noir, qu’elles ressortent le mieux ?
















Que dire de plus ?
Extrémement réaliste, à la fois grace au jeu d’acteur, mais aussi à la mise en scène impeccable (on oublie trop souvent de le mentionner) !
(sympas l’image ;) )
Je l’ai téléchargé (ok c’est pas cool) en français sous-titré anglais (ne me demandez pas à quoi ça sert.. mais c’était fun!).
Ce film est GENIAL,! On sentait en voyant « De battre mon coeur.. » que J. Audiard était mûr pour pondre un oscar.. Et ce fut mérité!
Une palme d’or plutot non ?